Je vous l'ai deja raconté, mais je le re-raconte, comme je l'ai noté dans mon journal de bord. Ce fameux 4 janvier 2010 qui restera gravé pour toujours dans ma mémoire...Et puis la suite, le mardi....
Pardon pour les répétitions...
LundiJe me suis réveillée vers 5h, merci les coqs. ...Somnolé jusque 6h30 et puis fini…
Je me leve, douche de chat a l'eau froide, je tente de ranger ma valise, je n'ai presque rien défait par peur de ne pas arriver a la refermer. Et puis c'est Claudine qui me l'a faite donc parfois je cherche un peu ou peut bien se trouver le déo ou un t-shirt ;0)
Le petit dej est gargantuesque. Je ne peux rien avaler de plus qu’un croissant a la saussice. Il y a en a 4 dans l'assiette....Gérard est parti emmener Barthélémy a l’école, je sors fumer une cigarette et envoi quelques textos. Mes mains tremblent. Je ne m’en été pas rendue compte. Pas de stress cependant. Bizarre pour moi. Je en ressens rien, je suis vide, je me concentre sur les petites choses, je regarde les coqs, je profite de la chaleur, c'est comme si cela se déroulait en dehors de moi. Je m'attendais a ressentir quelques chose de fort, mais non, rien pour le moment. Je me demande si je suis normale...
J’apporte tous mes sacs dehors, je veux partir au plus vite quand Gérard sera de retour. Vers 8h 15, Barthélémy revient avec son papa, pas d’école aujourd’hui. Encore 15 mn et nous voila partis.
Je ne parle pas du tout pendant tout le voyage. Nous refaisons le meme chemin qu’hier pour aller a Boutillers mais continuons la route a la Boule 12 au lieu de tourner. Nous continuons a grimper. Impossible de dire quoi que ce soit. Pas plus stressée que cela mais je sais que la derniere portion de route est impraticable a la voiture de Gérard et que nous devrons appeler GLA pour qu’ils viennent me chercher. C’est la seule chose qui me stresse. Et si je n’arrivais pas a les joindre ?
Nous arrivons a Thomassin, en haut d’une cote, Gérard s’arrete, impossible d’aller plus loin. La route est une suite de trous et avec la pluie de la veille, ce sera impossible pour lui sans 4x4 de remonter et nous risquons de glisser dans la descente. J’appelle GLA, ils répondent tout de suite (ouf) mais quelque chose de simple comme un nom de rue n’existe pas ici…Je sens dans ma voix l'inquiétude qui se fait sentir. Ils me demandent si je suis a Thomassin 32, j'interroge Gérard du regard...oui, nous y sommes (je me demande comment il peut savoir, pas de panneaux !) et ils me disent qu’ils arrivent.
Je descends de la voiture, fume encore une cigarette, tremblottante a chaque bruit de moteur que j'entends. Nous n’attendons pas plus de 10 mn et le truck arrive.
Transfert de bagages, je dis au revoir a Gérard. Il m’a donné un téléphone haitien pour que je puisse l’appeler si j’ai besoin de lui, n'importe quand me dit-il, et il me souhaite une bonne semaine.
Il ne faut pas plus de 5 mn (en ne dépassant pas la premiere vitesse) pour arriver a GLA. Je m’étais imaginée la rue plus grande, c’est en fait une petite impasse. Le fameux portail vert est devant moi.
Le portail s’ouvre, la voiture entre dans la courre. Je ne regarde que mes havainas pleine de boue et la boue que j’ai mis dans la voiture en montant et je me dis que c’est pas cool, j’ai tout cradouillé. Je descends quand meme…
Le chauffeur me fait signe d’entrer et me dit qu’il déposera les bagages dans l’entrée.
Mais je n’entends plus rien. Je vois Stéphanie avec un petit bonhomme dans les bras. Laszlo.
J’avance, Stéphanie sourit. Elle me dit « this is Wally ». Je lui souris, lui tend mes mains et il accepte sans probleme de venir avec moi. Mais il ne me regarde pas. Il regarde partout mais pas moi.
Je sors le petit camion de pompier jaune que Fanette a acheté pour lui et lui donne. Je l'avais mis dans mon sac a main expres, j'avais bien séléctioné le petit jouet que je voulais lui donner en premier (d'ailleurs, je ne l'ai pas laissé la-bas, je l'ai ramené pour etre sure de ne pas le perdre). Il commence directement a machouiller l’échelle. Nous restons peu de temps je pense comme ça. Stéphanie m’explique le fonctionnement de mon séjour : respecter les horaires de sieste et de repas. Retour du bonhomme a la nursery a midi et a 5h. Sauf que le mien étant petit, il ne fait pas la sieste apres le repas et puis ses repas ne sont pas vraiment a midi. Mais bon, c’est la regle.
(le fameux canapé ou j'ai vu mon petit poussin pour la premiere fois)Nous montons sur le balcon, elle me montre les nursery mais évite la grande ou les enfants sont en train d’hurler. Laszlo pese lourd dans mes bras. Il ne dit rien.
Arrivés la-haut, je le pose, Stéphanie nous laisse. Je commence a jouer avec lui, c’est simple, sans difficultés. Il me jette des regards furtifs. Puis je l’allonge et m’allonge a coté de lui pour faire notre premiere photo maman/Laszlo. Il me regarde vraiment pour la premiere fois.
Je le mets dans le jolly jumper et la je vois la petite tete tomber. Il s’est endormi. La peur. Mon pauvre bonhomme. Je le prends dans mes bras et nous restons comme cela une heure. Lui avec sa tete contre ma poitrine, profondément endormi et moi avec ma joue sur sa tete....
Je ne pense a rien. Ou en tous cas, je ne me souviens de rien si ce n’est de la paix que je ressens a etre comme cela avec lui. Je devrais le redescendre pour faire comme on m’a dit. Je me laisse un quart d’heure et apres promis, je le mets dans son lit. Un quart d’heure plus tard, je m’octroie un autre quart d’heure. Et comme cela pendant une heure. Au bout d’une heure, je me décide a le ramener dans son lit. Quand je le pose, il se réveille. Une nounou lui change la couche et je remonte sur le balcon.
Arrive Lesley avec Mackensy. Il a 2 ans et hurle. Il va hurler pendant 1h30, refusant que sa maman l’approche. Moi je joue avec mon poussin, on regarde les jouets que j’ai amené. Grande attention pour la boule avec une coccinelle qui tourne. La coccinelle se prends quelques paires de claques…Le camion de pompier a la cote, surtout pour se faire boulotter.

Il adore aussi la dragonne de mon appareil photo, je filme, je photographie, je voudrais pouvoir tout filmer, ne pas en perdre une miette. Il est tellement cool que c’est hyper simple d’etre avec lui.

A midi, je le redescends dans son lit. Il se met a pleurer quand je le pose. Je le reprends dans mes bras et lui dit que je vais revenir apres déjeuner. Mais non, mon poussin hurle. Je quitte la chambre vite vite et me retourne juste pour voir Laszlo debout dans son lit qui pleure.
Déjeuner de riz et de euh…accra de morue ? En tous cas, ça y ressemble. A midi, chacun mange quand il veut. Les plats sont posés sur un comptoir et l'on se sert.
Je vais sur internet, écris un petit mot sur mon blog. Difficile de dire toute l’émotion. Ce qui me marque le plus c’est la simplicité. La facilité que ce petit garçon a de se faire aimer en étant, comme on me l’avait décrit, calme et souriant.
J’ai remarqué que ses yeux sont en fait bleu marine quand il a plongé son regard dans le mien pendant que je lui donnait le biberon. Un long regard maman/Laszlo. C'est sa nounou Sabrina qui m'apporte son biberon sur la terrasse.

Je remonte et trouve mon bonhomme debout dans son lit. Je reprends la bestiole et nous remontons sur le balcon. J’essai le chinado que Maya m’a preté, je suis nulle pour le nouer mais ça fait son office et je suis tres contente de l'avoir ! Nous jouons...Ce qu’il prefere c’est quand je rampe a coté de lui et qu’on fait la course. Ça le fait bcp rire.
Il s’endort a nouveau contre moi. Cette fois-ci, je ne le redescends pas. J’attends et me décide quand meme a descendre fumer une cigarette. Mere indigne que je suis, mon bonhomme dans le chinado. Le bruit du générateur le réveille. J'essai de lui épargner la fumée dans le visage et il suit la fumée qui s'envole du regard. Je fume tres vite...

Nous buvons le biberon et je tiens le bibi, alors qu’il sait tres bien le boire tout seul. Mais c’est trop chouette de lui tenir. Pendant un bon moment, il me fixe. Yeux dans les yeux. Ses yeux marines…
Je descends lui changer sa couche parce que…euh…c’est plus que nécessaire (mere indigne bis). Premiere fois que je change mon fils. Je me rappelle bien les instructions de Fanette quand je gardais Paul sauf que les couches que j'ai achetées super bio et tout n'ont pas de petit dessin..plus dur !!
Le reste de l’apres midi passe, tranquillement. Le fils et la fille de Lois viennent avec un enfant sur le balcon, nous papotons un petit peu. Lois et Brad sont un couple de canadien qui tiennent la guest house de GLA et Lois s'occupe d'organiser les volontaires, de gérer les donations, etc...Ils ont un fils d'une vingtaine d'année qui ne vit pas la et est venu pour les fetes et une fille d'une dizaine d'année qui s'occupe beaucoup des enfants.

Je remets Laszlo dans le chinado et me promene sur le balcon. Le jour commence a tomber un petit peu, il est 4h30. Mon poussin s’endort de nouveau contre moi et je reste avec lui contre moi jusque 5h ou je le ramene. Cette fois-ci, il ne se réveille pas.
Bénédicité ou nous nous mettons tous en cercle et nous tenons par le main pour remercier pour la nourriture et pour le reste. C'est Dixie qui parle, on sent la hiérarchie...et repas. La petite priere avant manger ne m’embete pas, presque au contraire.
Apres le repas, je propose mon aide pour la vaisselle. Une heure plus tard, je suis encore en train d’essuyer 70 petits bols en plastique apres avoir essuyé la vaisselle des 20 personnes a table. Me ferait pas avoir demain…
L’heure de partir a la guest qui est a 5 mn en voiture. Je vais dire bonne nuit a mon poussin qui est (encore) debout dans son lit et pyjama. Je parle quelques minutes avec Rose-Laure qui est une des nounous de Laszlo.
A la guest, je discute avec un couple hollandais qui adoptent des jumelles de la todler. Nous sommes tous épuisés. Mais rions de bon cœur en comprenant que nous sommes tous pareil. On ne sait pas quoi faire avec nos enfants, comment on fait, mais on fonds tous…Nous buvons un thé dans la salle du bas. Enfin, un thé....une camomille quoi...Il n'y a pas de thé noir, moi qui n'aime que ça, je bois un espece de truc vert aux fruits. Mais je m'en moque, c'est chaud...Je tombe de sommeil mais suis en meme temps en pleine forme. L'effet hyper dynamisant de mon poussin qui va se confirmer toute la semaine.
Ce fut ma premiere journée avec mon fils. Je suis hyper fiere de lui : il est gentil, calin, il ne pleure pas, pas meme quand je lui retire son jouet qu’il mordille sans arret. Je l’aime ce petit bonhomme. C'est MON fils...
MardiIl faut que j’arrive a me rappeler parce que tout est flou. Ce n’est qu’une image qui me vient en tete : mon fils. Son sourire et son visage, et puis ses calins.
Je me suis réveillée vers 4:00, pas beaucoup dormi car je ne me fais pas aux coqs ni aux chiens qui chantent et aboient toute la nuit. J’ai somnolé jusque 6h et puis apres j’ai juste attendu le reveil a 6h30.
J’ai mangé de bon appétit, 2 tartines, meme pas avec du Nut’, la folie quoi.
Nous partons pour GLA a 8h moins 10. Le petit dej est servi a 7h, c'est assez militaire, pas le temps pour les retardataires ! Arrivés la-bas, je cours presque pour aller jusqu'à la chambre de Laszlo. Il est réveillé. Je le prends dans mes bras et direction le balcon.
Je n’ai pas essayé de lui faire mettre des formes dans des trous correspondants ni de l’interesser a des livres ou des jeux. Je le dévore des yeux et je m’allonge avec lui assis sur mon ventre. Il est tellement cool que l’on peut passer du temps comme ça.

Je culpabilise de ne pas prendre du temps pour les autres enfants alors je mets Laszlo dans le chinado et nous descendons dans la grande nursery pour chercher Linaelle et Mathis.
Je n’étais pas rentrée avant. L’odeur est infecte, les enfants viennent autour de moi et me tendent les bras, m’attrapent pour avoir mon attention. Ça hurle de partout, ils sont en couche qui débordent de partout. J’attrape les enfants et je me casse au plus vite. Mathis empeste, sa couche déborde, je le redescend pour qu’on le change, ce qui sera fait, sans attention et sans un regard par une nounou.
Je leur donne leurs cadeaux de la part de leurs mamans. Patrick voit la carte de Béatrix avec sa photo : il dit spontanément « Mama » quand je lui montre. J’arrive a le filmer quand il le repete. Je redescends les enfants quand Laszlo s’est endormi dans mes bras. J’en profite alors pour prendre Jamesley qui est dans la petite chambre mauve pour les tous petits. et je joue avec lui. Beaucoup plus facile et je vois la difference de traitement entre les plus petits et les plus grands. Je me demande a quoi je m’attendais, c’est un orphelinat apres tout.
Je remonte 2 fois voir si mon bonhomme dors toujours…eh oui, il dort avec le pouce dans le bec, comme d’hab….C'est une des premieres choses que j'ai remarquée hier quand je l'ai pris dans mes bras pour la premiere fois : il a la peau un peu "usée" sur le pouce gauche qu'il suce, c'est trop mignon...

Apres déjeuner, je remonte et il est réveillé. Nous avons 4h devant nous avant que je ne doive le redescendre. L’apres midi passe vite en fait. Pareil que le matin, je n’essai pas de lui faire faire quoi que ce soit. Je le prends le plus possible contre moi. Nous passons beaucoup de temps dans un rocking chair a se balancer, lui jouant avec la paille du fauteuil, avec une banderole qui pendouille, moi faisant des bisous. On fait aussi des bruits avec la bouche, ce qui le fait bcp rire. Je le repose parfois et il rampe, nettoyant la terrasse par la meme occasion…On fait la course en rampant, ce qui le fait rire aussi. Sinon, je le pose sur mon ventre quand je suis allongée. Je mets un lego devant lui, il bat des petites mains et vire le lego. Je recupere, je remets. Il vire le lego. 20, 30, 50 fois…

Je le change et fais des bisous sur le ventre, ça aussi ça le fait rire.
Je sens qu’il lutte pour ne pas dormir, contrairement a la vieille. A un moment, il est sur mon ventre et je le vois prendre son pouce, je me dis que ça veut dire dodo, alors je vais dans le rocking chair et je me balance. Il s’endort rapidement vers 4h15. Je ne vois pas ses yeux car il a tourné sa petite tete de l’autre coté, mais je le sais quand je sens le petit bras tomber : si le pouce n’est plus dans la bouche, c’est que ça dort…
Je reste avec lui contre moi a me balancer jusqu'à ce qu’il soit l’heure de redescendre. Il se reveille quand je bouge. Je le pose dans son lit et il ralouille alors je le laisse par terre avec ses copains.
Priere et diner. Je discute avec Yvona et Lorenz (les hollandais), ils ont passé une bonne journée avec leurs jumelles qui sont magnifiques.
Je remonte faire un bisou a mon poussin pour dire bonne nuit. Je le prends dans mes bras et fait un bisou, puis un autre et un autre, et un autre…J’essai de le poser et il ralouille. Je le reprends, refait des bisous, puis le repose. Puis le reprends parce qu’il ralouille encore et moi je ne peux pas le lacher. Je bisouille tout ce que je peux.
Je fini par le poser, il se met a pleurer, je pars et je le vois me suivre en rampant et en pleurant. Je me dépeche de descendre les escaliers. Je peux pas, c’est trop dur. Je pleure aussi, je sors, je veux pas le laisser la. Je t’aime mon poussin, tellement fort.