dimanche 31 janvier 2010

Clichés

r

Quelques clichés pour aujourd'hui. Soleil revenu, la neige ne tombe plus elle n'est que par terre...
Nous avons un peu bougé avec visite a Marraine Mimi et Tonton Math. Une coupette de bulles d'ailleurs est passée par la pour feter le petit bonhomme.

Mais depuis, estomac de maman en vrac, vraiment pas bien du tout donc médocs mais ça passe pas instantanément. Poussin qu'il a fallu bercer pendant plus d'une heure pour qu'il s'endorme. Et bercer quand on a des nausées, c'est pas top...

Mais avant cela, j'avais joué avec une nouvelle appli de mon i-phone que j'adore. Exemples de ce que cela donne...




Et puis j'en ai profité pour prendre en photo le petit éléphant offert par notre Cerisette...Merci tout plein ma Cerisette, cela me touche beaucoup. La bete est allée rejoindre les 2 girafes, la grenouille, les 2 lapins et l'ours dans mon lit....Si vous y rajoutez un poussin et un Stitch, ça fait plus beaucoup de place pour dormir ;0)


Pensées a mes cops françaises qui attendent, je vous laisse la pour aujourd'hui, je vais aller a l'assaut d'une biscotte comme repas de la journée...

Lo

samedi 30 janvier 2010

Répétitif


Ce qui est répétitif, ce n'est pas la journée, mais le sujet des photos de la journée....
J'ai redécouvert mon reflex numérique avec bonheur, meme si il est a moitié cassé et que je ne peux donc pas faire des photos en lumiere réduite sans qu'elles soient floues. Et pour etre réduite, la lumiere aujourd'hui, elle l'était. Neige toute la journée. On a pas mis le nez dehors, Stitch s'est aventuré pour jouer avec les flocons mais pour moi, rien que l'idée d'habiller Laszlo en conséquence du froid et donc d'avoir droit au ronchonage lié a l'enfilage de vetements qui le serrent, j'ai pas eu le courage...

On a donc cocooné..


Cette nuit, j'ai bercé Laszlo pendant 1 heure, une mauvaise toux l'ayant réveillé. Il ne pleurait pas mais ne s'endormait pas non plus. A un moment, je pensais toucher le bon bout, les petits yeux clignotaient, je me voyais deja quelques balancement plus tard pouvoir reposer le poussin et retourner dormir. Moment précis ou j'ai entendu "Mrriaouuu, chhhhtonc" ou le bruit de Stitch sortant de sous le lit ou il dormait (le bienheureux) et sautant sur le lit pour venir nous faire des calins. Les petits yeux ont immédiatement cherché a localiser le bruit, puis ont suivi la bestiole qui est venue contre nous. Je berçais d'une main et gratouillais de l'autre...

Laszlo a aussi passé du temps avec son pote Herr Aspi que j'ai fini par "ranger" dans sa future chambre et toujours actuellement débarras meme si moins en bazar qu'avant. Dans l'apres-midi, j'ai vu mon fils vaillamment traverser l'appartement a 4 pattes (bon, c'est pas Versailles non plus chez nous) et foncer dans sa future chambre pour aller voir Herr Aspi. Sais pas comment il a su qu'il était la. Ils doivent avoir un mode de communication a eux...

En vous racontant tout cela, je me rends compte que je suis peu de chose, elles ne sont pas passionnantes mes journées...Il y a 15 jours, un samedi ou un vendredi soir, j'aurai été dans un de mes bars préférés a siroter du chardo et la, il est pas 21h30 et je me dis qu'il va falloir que j'aille me coucher parce qu'il commence a se faire tard. Il y a 15 jours, je suis sure qu'a cette heure la, j'en étais encore a l'apéro...

Je prends tous vos conseils que vous me laissez en commentaires. Je ne peux pas ré-hausser son lit because c'est le mien et que euh...ben c'est un lit normal, pas prévu pour etre réhaussé en cas de bébé de 10 mois dormant dedans et ayant une toux qui le gene, mais j'ai mis un oreiller tout fin sous la tete de Laszlo ce soir et ça a l'air d'aller mieux (Merci GG).
Je vais aussi prendre RDV chez l'osthéo pour Laszlo (et puis pour moi aussi, parce que j'ai beau etre actionnaire majoritaire chez Chinado, je soufffffre), merci Kawin.

Allez, je vais me faire une tisane et aller dormir..

Pensées pour mes amies françaises mamans de timouns toulabalaba, encore et encore.

Lo
Lo


vendredi 29 janvier 2010

Relation fusionelle

Une journée pour me faire mentir encore. Mais pas comme celle d'hier. Aujourd'hui c'est la journée qu'ils doivent décrire dans "Parents" pour montrer ce qu'il ne faut pas faire.

Ce matin, on ne pouvait pas sortir. On attendait le livreur de seche-linge entre 9h et midi, il est venu a 11h45. Et puis il neigeait, donc pas top pour aller se promener.
Laszlo s'est endormi bien gentiment dans le chinado vers 11h. Le tout pour 30 mn de sieste chrono. Qu'a cela ne tienne se dit sa mere, il fera une bonne sieste cet aprem.
Jusque la on etait encore pas trop mal placés. Repas sans probleme, sauf pour la compote de pommes, puis pour le yaourt aux fruits, puis pour le petit suisse nature: aucun des trois ne trouve grace aux yeux de mon fils. Il aime pas.

A force de bercer et bercer encore et me promener et continuer a bercer, j'ai réussi a l'endormir....pour 45 mn ! Apres, ce fut le carnage. 3h de hurlements. Par terre il hurlait, dans mes bras il hurlait, dans le chinado il hurlait. Au bout d'un moment, je l'ai mis dans son lit et je suis allée dans le salon. Il hurlait - of course ! - mais je n'en pouvais plus. J'ai tenu 4 mn.
Puis les hurlements se sont tus avec un biberon, mais la bestiole restait grognonne. Alors on a passé l'aspirateur, Laszlo dans le chinado. Il adore.
La relation fusionnelle est la : entre Laszlo et Herr Aspi...Je vous laisse juge...



Mon fils est aussi une vraie canaille : quand je lui dit non (pas toucher les fils électriques par exemple), il me regarde en se marrant et y retourne de plus belle.
10 mois, il a 10 mois, my god. Je vais pas tenir moi a ce rythme la ;0)

Ce soir, l'endormissement premier n'a pas posé de probleme mais sa toux le réveille régulierement et des qu'il voit que son doudou (moi) n'est pas a coté, il hurle. Il est a peine 9h, j'ai l'impression qu'il est 3h du mat.
Je vais boire un thé et aller dormir.
Ahhhh, la belle époque du Chardo du vendredi soir....;0)

Pensées pour mes amies françaises encore et toujours qui signeraient des 2 mains meme pour une journée comme ça.

Lo

mercredi 27 janvier 2010

Je fais mentir ma mere



Je fais mentir ma mere qui me dit grognon. La seule vidéo faite hier (impossible de la mettre droite, donc désolée pour le torticolis). Mon fils adore applaudir. Une petite star deja...

Petit a petit on trouve notre rythme, aujourd'hui, j'aurais pu mettre ma jounrée dans "Parents" tellement c'était bien réglé. Lever a 8h, petite sieste dans le chinado pendant que j'étais a la commune pour l'enregistrer (j'ai ri quand la petite dame m'a demandé la précedente adresse et le nom de sa mere : "ben moi, Laurence". "Euh...madame, il s'appelle Voltaire de nom de famille, c'est pas le votre.."."AHHHH, sa mere bio ? euh...sais plus son prénom...."), déjeuner bien équilibré a midi (en meme temps un petit pot, c'est rarement pas équilibré), sieste de 3h, gouter a 16h, diner a 19h30 et dodo a...euh....on compte quoi comme horaire ? Le début de la tentative d'endormissement ou la victoire finale de la mere sur le fils, mere exténuée, fourbie, cassée mais qui a quand meme lamentablement profité de ces moments pour se shooter a l'odeur et la douceur de son fils. On va donc mettre une fourchette : dodo 8h15/9h15.

Bref, une journé exemplaire ou j'ai meme mangé (waouuu), j'ai fait des démarches administratives (re-waouuu) et la, je tape au rythme de "les sirrennnnnes du port d'Alexandriiiiiiiiiiiiie" etc, etc....(c'est la radio pour ceux qui craignent une mauvaise éducation musicale de Laszlo).

Une petite rectification nécessaire demandée par Fanette sur Stitch : j'ai toujours décrit Stitch comme une vraie peluche vivante, un doudou sur pattes, une merveille. Il se trouve que ma soeur a une vision légerement différente de mon chat : les 2 fois ou elle est venue me voir depuis que j'ai ma bestiole, mon chat s'est mis en chat d'attaque, pupilles dilatées, poils hérissés, et il a attaqué Fanette comme si elle était un autre chat pret a lui piquer son territoire. La derniere fois, les blessures de ma soeur avaient mis 6 mois a cicatriser et la , euh...c'était moins grave on va dire.
Ce sont les 2 seules fois en 5 ans que j'ai Stitch ou il a fait ça. Fanette regarde Stitch tres tres différement de moi. Et elle avait demandé un erratum officiel, voila, c'est fait.

Je fini sur une pensée pour mes copines de France. Chaque minute que je passe avec mon fils je pense a vous. Et je porte votre tristesse aussi.

Lo




Docteur Baby et Mister Cry


Comme d'hab, tout est dans le titre. Je vais finir par faire des posts uniquement avec un titre....;0)

Je me gaussais hier d'avoir un bébé qui s'endormait dans la minute dans mes bras. Je pense que Laszlo a du lire mon post quand j'avais le dos tourné et a décidé de faire mentir sa mere. Hier soir, il a hurlé pendant 2 heures non-stop. Enfin, pas exactement non-stop. Il arretait quand je le portais et me baladais avec lui dans l'appart.

Comme je restais d'un optimisme farouche, je ne l'avais pas enlevé de sa gigoteuse (aussi appelée "sac a poussin") et ne pouvais pas utiliser l'arme magique Chinado. Au bout de 2h, j'avais le dos en compote, j'imaginais deja mes voisins me maudire et me dénoncer a la croix-rouge pour mauvais traitement. Je me suis écroulée dans mon lit en disant a mon fils : pleure, maman n'en peut plus, elle peut plus porter. 2 minutes plus tard il dormait avec encore pendant longtemps des sanglots dans son sommeil...

Ce matin, meme topo. Lever a 9h (youpi) et a partir de 11h, poussin grognon qui a sommeil mais ne veut pas dormir. Donc balade dans l'appart, passage de Herr Aspi avec Laszlo dans le chinado et épuisement du poussin au bout d'un moment qui a permis de le mettre dans son lit...pour 30 mn....

Il va falloir que je lui explique que sa mere n'est pas robocop, qu'elle a une condition physique déplorable et que le portage de bestiole pendant des heures ne lui est pas recommandé..

Sinon, je voulais aussi rassurer le FCS (Fan Club de Stitch) : l'ex-roi de la maison reste a bonne distance du vermisseau hurlant et noir, ne vient plus faire bouillotte tout contre ma joue la nuit et récupérer sa dose de calins because je fais dodo avec le sus-dit vermisseau mais Stitch dort sur le lit quand meme, a mes pieds. Quant a Laszlo, il regarde toujours d'un oeil inquiet la peluche grise et blanche a moustaches.

Quant a un potentiel arret de ma drogue nicotinée, c'est pas pret d'arriver...;0))

Avec tout ça, j'ai meme pas fait une seule photo de Laszlo. Celle que j'ai mise ici a été prise par Mimi a l'aéroport jeudi dernier, quelques minutes apres notre rencontre...

Lo

mardi 26 janvier 2010

Saint Chinado


Tout est dans le titre...
Le Chinado est devenu mon meilleur ami, mon arme magique, ma solution a tout.

Laszlo est super zen, de tres bonne composition et ne pleure vraiment que lorsqu'il a faim. MAIS il faut qu'il ait toujours sa maman en visuel sinon les cris viennent tres rapidement. Alors comment faire pour gérer un quotidien avec 10 kg (enfin, non, il faut etre honnete, d'apres le médecin, c'est 9.2 Kgs) de poussin dans les bras ? Taaadaaa : Monsieur Chinado !
Ma discussion avec Herr Aspi a pris fin quand j'ai mis Laszlo contre moi et ai vaincu la poussiere ainsi.

Les courses au supermarché, l'aventure de la pharmacie, etc.. se sont aussi passées sur le meme mode. Je retiens cependant le conseil de Christelle de prendre tout de suite RDV avec mon osthéo pour soulager le dos...

Nous continuons a dormir tous les 2. Cette nuit, Laszlo ouvrait de temps en temps les yeux et me cherchait avec sa petite main. Une fois un bout de maman localisé, il se rendormait dans la seconde. Fanette m'a dit que son fils fait la meme chose avec...son doudou...Bien, je suis donc le doudou de mon fils...
L'endormissement se fait SUR maman, en quelques minutes aussi. Si il ouvre un oeil pendant sa sieste, il pleure : je le prends dans mes bras et les petits yeux se referment immédiatement. Trop mignon mais PAS PRATIQUE !

Il découvre aussi le visage de sa maman : un doigt dans la bouche de sa maman, puis il prend ma main et me mange un doigt, puis me pince le nez et s'amuse a ouvrir et fermer mes paupieres...

Je suis maintenant équipée a bloc, Fanette et ma copine Val ont fait un sacré rangement dans sa chambre et cela va bientot devenir vivable. Il ne reste plus qu'a trouver des meubles pour la garnir...Ce sera le boulot de Papy et Mamie dans 15 jours...

En attendant, il nous reste quelques démarches administratives, notamment pour obtenir mon congé d'accueil auquel il semble que j'ai droit. C'est bien la seule chose a laquelle je semble avoir droit puisque je suis légalement famille d'accueil de mon fils. Pas d'allocations familiales, pas de réduction d'impot, pas de congé parental..et ce n'est pas rétro-actif. Mais je ne me plains pas, ce sont des détails par rapport au bonheur de le savoir ici.

En attendant, j'ai 50 milliards de choses que je voudrais faire dans les 2h ou Mosssieur dort...normal il parait ;0)

Je cours donc aller fumer une cigarette (ben oui, c'est faisable principalement quand il dort !)....

Lo, nouvelle maman

dimanche 24 janvier 2010

Les effets secondaires de la maternité

Comme c'est un peu la course, un peu le bazar complet et un peu la panique aussi parfois, je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire.

Alors que j'ai réussi a endormir le poussin ailleurs que dans mes bras (ok, il dort dans mon lit et pas dans le sien, parce qu'il hurle des que je le mets dedans, meme si ça fait une heure qu'il dort dans mes bras), j'en profite pour écrire apres avoir regardé pendant 20 mn mon aspirateur en lui parlant (vous voyez l'état dans lequel je suis...) et en lui disant "tu pourrais pas etre un aspi SILENCIEUX que je pourrais passer pendant que mon bébé dort ??? ".
Bref.

Quelques effets secondaires donc de la maternité :
- J'ai des courbatures dans les bras (10 kg de poussin, ça pese vite)
- Mon appart tout design ne ressemble plus a RIEN
- J'ai jamais été aussi mal habillée (quoi le t-shirt orange ça va pas avec le pantalon rose framboise ? M'en fous, ce sont les seules choses que j'ai réussi a attraper et qui sont propres (attention a la nuance, propre ne veut absolument pas dire repassé))
- Je fume moins (enfin un tout petit peu moins), parce que pas le temps d'aller dehors fumer dehors
- Je n'ai pas bu un verre de chardo depuis des lustres
- Je revois a la baisse ce que je considere comme un exploit. Les exploits de la matinée sont : avoir réussi a laver le poussin, avoir réussi a me laver (maman et Laszlo dans le meme bain, hop, ça c'est fait), avoir réussi a l'habiller pour sortir (il est pas vraiment habitué a 50 couches de vetements), avoir réussi a aller a la supérette a 50 m de la maison acheter une bouteille d'Hépar pour le petit ventre du mossieur..., et avoir amélioré mon nouage de Chinado en suivant vos conseils.
- il ne reste plus qu'a négocier avec mon aspi de se passer tout SEUL...


(Le premier bain....Les especes de taches sur le poussin c'est juste le savon et l'eau avec le flash qui font bizarre)

Les renforts arrivent ce soir en la personne de Fanette qui va bosser pendant 2 jours pour ranger un peu sa chambre avec objectif a terme d'en faire une chambre ou il pourra dormir.

La nuit a été calme et reposante : poussin et maman dans le meme lit, bidouillage de maman pour que Laszlo ne tombe pas du lit...Conclusion : réveil a 10h...

Tout le monde me dit qu'il est forcément un peu décallé a cause du décallage horaire et tout ça. C'est meme plus du décallage, c'est du n'importe quoi...Les repas sont pris euh...quand on peut....les dodos...quand on veut....

Je promets donc officiellement a mes copines françaises de leur donner des petits trucs pour quand leur loulou arrivera alors que rien n'est pret...
Fanette est allée samedi aprem a la manif a Bordeaux pour que les enfants soient rapatriés. Je n'ai pas le temps de bcp suivre mais étant devenue dernierement adepte de la priere, je m'y emploie et j'ai mis ma petite grand-mere de voisine sur le coup. Elle est assez pote avec le Grand Monsieur La-Haut et puis comme on habite a coté de l'église, il doit pouvoir nous voir facilement.

Je retourne parler avec mon aspi...

Bises

Lo

vendredi 22 janvier 2010

Laszlo et Maman pour toujours


Une photo prise par un journaliste...Vous voyez, ça me change pas d'etre maman...

Un jour comme les autres

En me promenant dans la rue hier, vers 9h du matin, je me surprenait de voir la vie normale des gens qui allaient a leur travail, se promenaient, faisaient des courses. Je ne comprenais pas parce que j'avais l'impression qu'il y avait un énorme panneau lumineux autour de moi qui disais "Ce jour est le plus important de ma vie".

Mais avant cela, il faut revenir un petit peu en arriere. J'avais décidé mardi de ne plus poster ici, par respect pour mes amies françaises et canadiennes qui n'ont pas leur enfant avec elles.
Mais j'ai discuté avec une maman, celle de Youna pour tout dire, qui m'a donné envie de continuer a vous raconter. Pour leur donner un petit espoir.
Alors ces mots sont pour vous toutes, mamans de timous qui sont encore toulabala.

Mardi soir, nous savions que nos enfants allaient etre rapatriés. Notre principal espoir était dans l'avion hollandais qui était sensé partir mardi a 19h30 heure de Paris. Plus les heures passaient, et plus l'espoir qu'ils soient dedans diminuait.

Vers 1h30 du matin, nous apprenons que la ministre souhaite voir des représentants des familles a 10h le lendemain. 2 personnes seulement pour éviter la pagaille. Dolfie et Jean-Louis iront pour nous représenter.

Je suis allée au travail dans un état second. J'ai regardé mes mails en continu. J'ai réussi a aller déjeuner avec des amies mais a 13h30, je ne tiens plus debout. Fatigue et angoisse, je ne sais plus comment avancer. Mais je peux compter sur un homme extraordinaire pour me faire rire en m'expliquant que la mode des chemises a carreaux revient en force (il se reconnaitra).

Les nouvelles tardent a arriver, nous ne savons pas ce qu'a dit la ministre a Dolfie et Jean-Louis. Vers 4h, apres un embrouillage de mails qui explique le retard de nouvelles, nous savons que le gouvernement luxo travaille avec le gouvernement hollandais pour les faire monter dans le meme avion. L'avion n'est pas encore parti. Les enfants hollandais sont allés a l'aéroport hier pour rien et sont revenus a GLA apres. Le plan B est de voir avec le gouvernement belge.

La difficulté logistique est immense. Car l'avion hollandais se trouve sur l'aéroport de Curaçao. Il n'a pas obtenu l'autorisation de se poser a PaP. Il faut donc trouver un avion qui emmene les enfants de PaP a Curaçao. Et l'avion qui a été mis a disposition par l'armée américaine est trop petit pour prendre nos enfants.

Je pars du travail a 5h et cours chez mon amie Angeline pour aller chercher le minimum vital. Elle va récupérer le siege auto qui était en dépot-vente, me sort plein de vetements de son fils, et ses enfants donnent des jouets et des doudous pour Laszlo. Nous buvons un verre de vin en fumant une cigarette. Une petite pause dans la course et l'angoisse.

Je repars pour aller au supermarché pour faire le reste des courses de base. Arrivée a 19h30 au rayon bébés, le Auchan ferme a 20h...J'ai pris un panier, meme pas un caddy, completement a la masse. Heureusement et par hasard, je rencontre Béatrix au rayon bébé qui vient faire la meme chose que moi : acheter le minimum pour son fils Mathis.

Nous rions en regardant le rayon nourriture : quoi prendre ? Qu'est-ce qu'ils mangent nos loulous ? Je prends du lait de croissance bio, uniquement parce qu'il y a marqué "bio" et "a partir de 10 mois" sur l'emballage... Tres au faits des choses que je suis...

Rapidement j'entasse dans le caddy de Béatrix (bcp plus prévoyante que moi...) et nous arpentons les rayons en essayant de ne rien oublier dans la demi heure qui nous reste avant la fermeture du magasin. Nous avons pris une photo du caddy. A l'occasion, je vous montrerai...

Nous dinons dans la galerie commerciale, heureuses de nous poser. Aucune nouvelle de nos enfants. Laurens (le papa hollandais de Malaika et Manaika que j'avais rencontré il y a 15 jours pour la comparution) me dit que nos enfants seraient en route pour l'aéroport. Mais réussiront-ils a monter tous dans l'avion ?

Je rentre, je zone, je prépare quand meme a tout hasard un sac avec des vetements chauds et un biberon au cas ou nous devrions partir rapidement.

Je tombe de sommeil vers minuit et me réveille vers 3h. Toujours pas de nouvelles. J'échange des mails avec ma copine Steff, qui doit accoucher mardi et qui est un peu insomniaque en ces derniers jours de grossesse...
Je somnole a partir de 4h30.

A 5h30 le téléphone sonne : Jean-Louis m'annonce que nos enfants sont dans l'avion, la croix-rouge a réussi. Nos enfants sont sauvés. Je ne pleure pas, je ne me laisse pas aller. Je suis heureuse, mais pas démeusurément. Un état bizarre. Je suis encore en mode urgence.

Nous avons RDV a 8h au ministere de la famille pour un briefing. Fanette pleure quand je lui annonce la nouvelle a 7h. Je réveille Mimi et lui demande de m'accompagner. Meme toute endormie, je sens l'émotion dans sa voix. Elle n'hésite pas une seule seconde. Elle organise la garde de ses enfants (au Luxembourg, les enfants n'ont pas école le jeudi apres-midi), prévient son travail.

A 7h30, je quitte ma maison avec un sac de voyage énorme surtout si l'on considere que ce n'est pas vraiment pour partir en voyage..(Ceux qui avaient suivi mon voyage, c'est le sac vert que j'avais emmené en Haiti). Je carresse Stitch en essayant d'expliquer a la bestiole qu'il va y avoir quelques changements dans sa vie de Pacha. Pas sure que la bete comprenne. Et je ferme la porte en me disant que ce soir, quand je rentrerai, je serai maman pour la vie.

Nous nous retrouvons tous au ministere de la famille. Les visages sont fatigués, les yeux creusés, mais nous sommes tellement, tellement heureux...On nous explique que nous allons voyager en bus pour l'aéroport militaire d'Eindhover ou l'avion hollandais doit attérir. Le bus part a 11h. Juste le temps pour Béatrix d'aller acheter un siege auto, pour Claudine d'aller acheter du lait.

Mimi et moi allons boire un thé dans un bar. Et c'est la que je remarque que les gens ont l'air normaux et n'ont pas l'air de remarquer que la vie est en train de changer pour moi ;0).

Toutes les familles sont la bien avant 11h....Il y a également des assistantes sociales de la croix-rouge pour nous aider avec nos enfants, une psy, un photographe officiel pour faire les photos "d'identité" de nos enfants a leur arrivée, le directeur des opérations de la croix-rouge qui n'a pas du dormir depuis 72h et a qui nous devons le rapatriement des enfants. Mme la ministre sera aussi dans le bus. Les familles en haut, les autres en bas.

L'ambiance dans le bus est joyeuse, ça fait un peu départ pour la colo. Ces familles que je ne connaissais pas il y a une semaine me sont si proches maintenant. Nous avons traversé qqchose de tellement particulier que j'ia l'impression de les avoir rencontrés il y a des années. Et puis je leur avait promis d'apprendre le Luxembourgeois si nos enfants étaient rapatriés...il ne me reste plus qu'a acheter le bouquin...

Nous mettons 3h30 pour arriver a l'aréoport militaire d'Eindhoven. Il est bien difficile de décrire notre émotion tellement elle est grande. Les familles hollandaises sont deja la. Laurens et Yvonne m'acceuillent. Nous nous serrons dans les bras mais les mots ne viennent pas. Juste des regards, juste des larmes aux coins des yeux, juste des hugs. Les mots ne peuvent pas exprimer. Seuls les corps y arrivent.

L'organisation hollandaise est excellente. Nous avons a disposition des sandwichs, des boissons, les parents hollandais sont organisés par groupe d'une dizaine, les luxembourgeois tous ensemble. Plusieurs discours sont faits en hollandais. Certains d'entre nous craquent enfin et laissent aller les larmes quand nous faisons une minute de silence pour des parents hollandais qui sont décédés avec leur enfant dans le séisme alors qu'ils étaient en Haiti pour aller chercher leur enfant.

Au mur, un seul moniteur affiche l'arrivée du seul avion prévu : Curaçao - 15h55.

L'avion est retardé a 16h07. Je reprend en photo ce moniteur. Curaçao - 16h07.

A l'heure dite, l'avion a attéri. Nous ne le voyons pas attérir mais arriver pret du hall ou nous nous trouvons. Nous nous attendions a un avion militaire, mais c'est un charter, bizarre de voir le logo d'une agence de voyage sur cet avion si particulier. C'est a mon tour de craquer. Voir l'avion posé, savoir que Laszlo est la, que c'est bon, mon petit garçon est sauvé, je ne peux plus tenir. Je laisse aller l'angoisse des derniers jours, je laisse aller la fatigue et pleure longtemps dans les bras de Mimi qui fait de meme. Aujourd'hui, je ne peux toujours pas regarder la photo de cet avion sans pleurer.

Alors qu'il doit y avoir 400 personnes dans ce hall d'aéroport, il y a tres peu de bruit.
Le débarquement des enfants est fait dans un énorme respect pour eux et pour leur parents. Il sont sortis par petits groupes de 4, chacun porté par un adulte. Uniquement des hommes grands et barraqués. Ça peut faire bizarre au début, mais nous nous rendons compte que leur stature rassure les enfants. Ils tiennent les enfants serrés contre eux en les enveloppant dans leurs bras, en leur parlant et les rassurant.

Les enfants sont d'abord ammenés dans une salle de controle pour les papiers, puis les "porteurs" traversent le hall pour aller remettre les enfants aux parents qui attendent dans des salles individuelles a l'étage de l'áeroport. Personne ne s'approche d'eux quand ils traversent. Les larmes continuent de couler a voir les enfants arriver.

Nous savons que les notres seront débarqués en dernier. Ce qui est la moindre des choses..Nous devons beaucoup au gouvernement hollandais...
Nous n'attendons pas beaucoup, 1h30 apres que l'avion ait attéri, la premiere famille luxembourgeoise est appelée.
Pour nos enfants, un médecin les ausculte dans la salle de débarquement et nous sommes appellés un a un pour les récupérer. Quand la premiere famille sort de la avec leur petite fille dans les bras, nous applaudissons.
Je suis la deuxieme a etre appellée.

Je sers dans mes mains le petit camion jaune que j'avais donné a Laszlo quand je l'avais rencontré et que j'avais ramené de la-bas pour etre sure qu'il ne soit pas perdu. C'est plus le petit camion qui me porte que mes jambes.

Mimi me suit et filme. Un jour je pourrai regarder ce film pour me rappeller parce que pour le moment, je ne me rappelle pas de grand chose. J'ai d'abord cru qu'ils s'étaient plantés parce que le premier enfant que j'ai vu n'était pas Laszlo. Et puis j'ai aperçu une petite cuisse dodue d'un loulou allongé sur une table et que le médecin auscultait. Je crois que je me suis approchée, je crois que j'ai du dire a mon fils qqchose, mais je ne sais plus quoi. J'ai pris sa petite main en attendant que le médecin ait fini.

Puis j'ai pris Laszlo dans mes bras et nous sommes sortis de la salle de débarquement. Quand j'ai vu les autres familles, quand j'ai entendu les applaudissements, je n'ai pu que pleurer et pleurer encore, a gros sanglots, alors que mon fils était super calme dans mes bras.

Alors que les autres familles étaient appelées une par une, j'ai enfin posé mon fils, mis mon manteau par terre pour le changer. Il avait un pantalon en jean et un pull, des chaussettes. Je ne sais pas ou ils ont pu lui trouver des vetements pareils, quand on lui a mis. En le changeant, j'ai vu qu'on lui avait scotché sur son body une feuille avec marqué "Boucher - GLA 14 - Wally Voltaire". Sur son bras écrit au marqueur, mon nom de famille. Et a son petit poignet, un bracelet en fils violet et vert avec marqué "Curaçao". Nous pensons que ce sont les personnes qui se sont chargées de leur transfert la-bas qui leur ont mis pour leur porter chance. Tous les enfants en avaient un.

Une fois que toutes les familles ont pu récupérer leurs enfants, nous sommes allés a un hotel pour une conférence de presse. Laszlo s'était endormi dans le Chinado. Béatrix s'est levée et les sanglots dans la voix, a expliqué qu'elle attendait sa cousine Linaelle. Et que le gvt française ferait bien de copier..

Le retour en bus jusqu a Lux a été calme. Laszlo a dormi la plupart du temps.
Le mettre dans le siege auto alors que j'ai un cabrio 3 portes étaient autrement plus difficile..
Mon poussin ouvraient grand ses yeux, je le sentait mort de peur. Arrivés a la maison, ll a fallu que je prépare le lit, le sortant du foutoir qu'est sa chambre actuellement, enlevant le bazar qu'il y a dedans, etc..Le tout sans poser le bonhomme toujours aussi terrorisé. Je l'ai changé et il a eu le droit a un reniflage de la part de Stitch. Terreur dans les yeux de mon fils. Je suis restee sur lui a lui parler doucement pendant que Stitch reniflait le nouveau venu.

Laszlo a lutté de toutes ses forces pour ne pas dormir, ses yeux grands ouverts, la respiration rapide. Je l'ai allongé dans mon lit et suis restée tout contre lui a lui parler jusqu'a ce qu'il s'endorme vers 1h30.

Je l'ai posé dans son petit lit parapluie a coté du mien. sans qu'il ne se réveille. Il est midi et quart et il dort toujours

J'ai promis a Mimi que la prochaine fois que je lui demanderai de prendre un jour de congé, ce ne sera pas pour faire 10 heures de bus dans la journée et passer la moitié du temps a pleurer...

C'est la panique intégrale, la désorganisation totale. Mais mes amies vont venir m'aider, Fanette arrive dimanche soir.

Mon fils est la, j'entends ses sanglots dans son sommeil, je sais qu'il a peur. Mais il est vivant, en sécurité. Je ne remercierai jamais assez ceux et celles qui ont fait en sorte que ce soit le cas.

Je t'aime mon petit garçon.

Maman


mardi 19 janvier 2010

Laszlo goes home

Quelques mots pour vous dire que le Luxembourg a donné le feu vert pour rapatrier les 14 enfants concernés par la procédure d'adoption, et ce quelque soit l'avancée de la procédure.

Laszlo fait partie des 14 enfants concernés.

Nous attendons maintenant les détails de leur rapatriement, puisqu'il reste encore a régler la logistique de leur évacuation. Le Luxembourg n'a pas d'avion militaire et ne peut donc pas aller en Haiti chercher nos enfants. Il faut donc que ce soit un avion d'un autre pays qui les rapatrient.

Aux dernieres nouvelles, la croix-rouge travaillais sur cette solution.

Il leur faut aussi trouver un moyen d'emmener les enfants de la creche a l'aéroport.

Si vous vous surprenez de mon manque d'enthousiasme, ne m'en voulez pas. Je ne parviens pas a relacher la pression, je ne réalise pas. Je crois que je soufflerai quand je le serrerai dans mes bras.

Et puis surtout, malgré ma grande joie de voir arriver mon fils, je ne peux qu'etre triste pour toutes mes amies en France. Je ne m'étendrai pas sur ce que je pense de la réaction française, cela doit etre la meme chose que vous toutes.

Nous continuons le combat pour les français, en espérant de tout coeur que la décision luxembourgeoise leur mette un peu la pression, meme si ce tout petit pays n'a pas vraiment beaucoup de poids.

J'essaierai de vous tenir informés des que nous en saurons plus sur la date de son retour. Mais apres cela, je n'écrirai plus ici tant que les français n'auront pas changé d'avis. Ou juste pour relayer les informations qui viendront de France.
Je n'aurai pas le coeur de vous raconter en sachant mes amies sans leurs enfants.
Je garderai un petit journal, alors j'espere que tres bientot, je pourrai vous raconter le début de la vie avec mon fils, en meme temps que mes amies françaises et canadiennes raconteront les leurs.

Je vous embrasse bien fort, car sans vous et vos commentaires de soutient, sans votre gentillesse, je n'aurais pas tenu. Je ne trouverai jamais les mots pour vous remercier vraiment.

Lo

La position française

Voici le compte rendu de la réunion qui s'est tenu entre des représentants des adoptants et les officiels français ce soir.

18 janvier 2010, rencontre entre Monsieur Jean-Paul Monchau, ambassadeur pour la France de l'adoption Internationale et le Collectif pour l'évacuation des enfants en-cours d'adoption en Haïti (http://rapatriement -haiti.over- blog.com/)

La position du gouvernement français
1) L'état français a décidé de faire sortir rapidement du pays, tous les enfants adoptés ayant un passeport ou un visa.
2) Dans les jours à venir, au plus dans les semaines qui viennent, les familles ayant un jugement d'adoption vont bénéficier d'une accélération de procédure et les enfants pourront arriver en France.
3) Les parents dont les démarches administratives n'ont, en revanche, pas fait avant la catastrophe l'objet d'un jugement d'adoption en bonne et due forme ne peuvent espérer dans l'immédiat un rapatriement de leurs enfants.
La position du collectif pour l'évacuation des enfants en cours d'adoption en Haïti
914 adoptions en cours en France ont été recensées à ce jour
123 jugements ont été répertoriés
Nous n'avons pas les chiffres concernant les passeports et visas établis
Nous saluons les avancées des points 1 et 2, mais nous continuons la mobilisation pour les dossiers majoritaires laissés pour compte.
Ces parents là, la grande majorité, doivent continuer à rassembler les pièces de leurs dossiers et les éléments de preuves en leur possession. Un envoi par courrier au SAI est recommandé (57, bd des Invalides ,75007 Paris)

Les USA auraient annoncé qu'ils allaient évacuer tous les enfants en procédure d'adoption comme l'ont fait la Hollande.

Je suis juste écoeurée de la position française et je n'ai pas de mots pour exprimer la tristesse de toutes les familles qui n'ont pas ce jugement.

Lo

lundi 18 janvier 2010

A qui profite le crime ?

Parce qu'il faut sourire aussi, parce que c'est cela qui nous tient....

A qui profite la situation dramatique que l'on traverse ? Je vais vous le dire : a Paul, 3 ans.

Paul est mon neveu. Une canaille qui sait faire tourner son monde en bourrique. Paul donc, a le droit en ce moment de narguer sa mere avec un Pepito dans la bouche a midi moins 5 quand le déjeuner est pret, de colorier par terre, de lui faire aller chercher un par un tous les animaux playmobil pour jouer dans son bain, etc...
Parce que Fanette n'a absolument pas le coeur de gronder son fils alors que le mien est la-bas...

Les enfants de mes amies dans la meme situation n'ont jamais eu autant le droit de regarder la télé, de jouer a la DS. Ils sont meme surpris qu'on les envoie regarder pendant 3h TJ alors que d'habitude ils n'ont le droit qu'a une demi-heure. C'est presque eux qui éteignent la télé...

Certes, c'est temporaire, mais eux, ils sont bien contents....

Sur une autre note, le RDV avec la ministre ne nous a pas apporté grand chose.
Ils réfléchissent pour faire revenir nos enfants mais ils sont bloqués avec les bases légales de nos enfants sur l'arrivée du sol luxembourgeois et donc ne sont toujours pas ok pour les évacuer.

Notre porte parole était excellent et a clairement fait passer le message qu'il faut les sortir de la rapidement.

Nous attendons maintenant de voir ce qu'ils vont faire. Nous avons établi notre QG dans l'entreprise d'un des papas concernés. Nous veillons, chacun sur les mails, les fora, le téléphone...

On se fait des pauses en regardant les reportages qui nous sont consacrés...sauf que c'est en luxembourgeois donc je comprends rien, mais on est fiers...

J'ai fait ce que je ne croyais que je ne ferais jamais : j'ai posé pour une photo de groupes pour les journalistes avec une photo de mon fils dans mes mains. Pathétique, mais il faut ce qu'il faut.

Et nous attendons...

Lo

dimanche 17 janvier 2010

Une bouteille d'eau pour Laszlo

Ma tete est vide, j'aurai voulu avoir 15 cerveaux et 50 mains aujourd'hui pour travailler a la sortie de nos enfants d'Haiti.

J'ai dormi 3h mais cela n'a aucune importance, je me reposerai quand je saurai que Laszlo va sortir de la. Je ne sais plus ou donner de la tete, j'essai de garder les idées claires de réfléchir, de travailler a 100 a l'heure pour que toutes les actions que nous menons avancent.

Les politiques n'ont pas changé leur discours, faire sortir nos enfants n'est pas une priorité.

La directrice de la creche signale que l'eau commence a manquer. Plus de fuel pour faire tourner le syteme de filtrage d'eau, plus de carburant pour aller en acheter.

Une initiative de parents adoptants a été de déposer devant le Quai d'Orsay, qui ignore toujours nos suppliques, une bouteille d'eau vide avec marqué le prénom de nos enfants et la creche ou ils se trouvent. Symbole de cette eau qu'ils n'auront peut-etre bientot plus.

Mon amie Flavie a été déposer pour moi celle de Laszlo. Beaucoup de monde est venu faire de meme, dans le calme. Il parait que c'était tres émouvant.



Alors que je travaillais tout a l'heure, l'odeur de mon bébé m'est revenue en tete. Depuis je suis hagarde, je ne peux plus avancer.

Les copines d'adoption ont pris le relais. Elles continuent pour nous tous ce soir a travailler. Cela fait 4 jours qu'elles n'ont pas arrété non plus de se mobiliser. Elles ont confié leurs enfants a leurs proches pour pouvoir se concentrer sur cela. Elles ont pris des jours de congé de leur travail. Elles ont bossé malgré une gastro, etc...Je leur serai a vie reconnaissante et je ne trouverai jamais les mots pour leur dire merci.

Demain nous avons rendez-vous avec la ministre de la famille luxembourgeoise. Sa position actuelle est de refuser l'entrée de nos enfants sans passeports et visa. Comment lui faire comprendre que cela n'arrivera jamais, que nos dossiers sont sous les décombres, les gens qui pourraient établir un passeport sont morts ?

La Hollande a affrété un avion pour aller chercher les enfants en cours d'adoption par les parents hollandais. Ils ont fait établir un document par un juge de paix haitien établissant l'autorisation de sortie du territoire et les autorités hollandaises ont accepté ce document comme preuve légale.
L'avion part demain. Je sais au moins que les jumelles des parents hollandais que j'avais rencontrés la semaine derniere vont etre sauvées. Elles s'appellent Malaika et Manaika et elles sont belles comme le jour. On s'est promis avec leurs parents de se revoir avec nos enfants. Leurs filles, et mon fils.

Mais a Luxembourg comme en France, le sort de nos enfants n'est pas une priorité.

Nous allons continuer a nous battre. Mon petit garçon me porte. Je n'aurais pas la force de tenir sans lui. Sans lui et sans mes proches qui m'apportent leur soutient.

Aujourd'hui Laszlo a 10 mois. Il est né le 17 mars 2009. A chaque moisiversaire, j'ai fait un post sur ce blog. Aujourd'hui je ne veux pas changer, mais cela parait dérisoire de se rappeler de dates.

Bon moisiversaire mon poussin.
Tiens bon surtout.

Lo, maman de Laszlo

samedi 16 janvier 2010

A vous qui passez par la

Ce blog est publique, tout le monde y a acces. Alors je vais utiliser ce moyen que j'avais initialement créé pour garder une trace de mon parcours vers mon fils pour lancer un appel. Puisse-t-il etre entendu par qui lira.

Ce texte a été envoyé a tous les contacts dont nous disposons et qui, je l'espere, nous aiderons a faire bouger les choses.

Un reportage a été fait par euronews dans l'orphelinat de mon fils, vous pouvez le voir la.

J'ai passé 2 jours a pleurer, mais maintenant je ne veux que penser que nos enfants arriveront bientot. Si nous ne les faisons pas sortir d'Haiti dans les semaines a venir, nous risquons de ne plus jamais les serrer dans nos bras. Je passe mes journées sur mon PC a écrire des mails, organiser, gérer...

Ce message également pour saluer le travail extraordinaire qui est fait par des personnes qui ne sont pas concernées directement. Des parents adoptifs d'enfants venant d'autres pays, des amis, nos familles. Certains me demandent ce qu'ils peuvent faire pour aider. Si vous avez des contacts aupres d'hommes politiques, de médias, de personnes connues, etc...n'hésitez pas a faire passer le communiqué que je copie ci-dessous.

Il y a une semaine j'étais dans l'avion qui me ramenait d'Haiti. Il me semble que cela fait des années. Sauf quand je repense a mon fils, a son sourire, a ses éclats de rire quand je lui faisais des bisous sur le ventre, a mes éclats de rire quand je le voyais chercher qui pouvait bien etre le petit garçon en face de lui dans ce miroir, a la douceur de ses cheveux quand il dormait dans mes bras et que je posais ma joue sur sa tete.
Je ne peux plus regarder les photos et les vidéos que j'ai faites de lui sans me mettre a pleurer betement.

Il y a 5 jours je vous racontais ma rencontre avec ce petit bonhomme dodu qui a fait de moi sa mere pour la vie quand j'ai vu sa photo la premiere fois en juillet dernier, et qui m'a envoutée quand je l'ai tenu dans mes bras pour la premiere fois la semaine derniere.

Il y a 4 jours la terre a tremblé en Haiti et mon coeur de maman a chaviré.

Aujourd'hui j'implore les gouvernements de trouver une solution pour rapatrier nos enfants au plus vite en toute légalité.

Il aura 10 mois demain.

Je t'aime mon poussin, a l'infini et au dela. Tiens bon surtout.

Lo, maman de Laszlo en Haiti (GLA)

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Nous sommes un collectif de parents français en cours d'adoption dans des orphelinats haïtiens . La situation de nos enfants dans ces orphelinats est très diverse : au mieux les locaux ont tenu mais les enfants doivent malgré tout dormir et vivre dans les cours en attendant d'être sûrs de la structure des bâtiments. Le pire, nous ne le décrirons pas, vous le connaissez.

Les associations sur place, les directrices d'orphelinat, les avocats haïtiens impliqués dans les adoptions internationales nous remontent de toute part:
- Le manque est imminent d'eau potable, de lait, de nourriture, de couvertures,
vêtements,... car les réserves ne seront pas suffisantes pour couvrir les besoins. La situation, déjà difficile, va le devenir bien plus encore pour les orphelinats encore debout et les enfants qui y sont.
- Cette situation est rendue plus complexe encore puisque il va falloir trouver des
solutions et héberger les enfants dont les crèches sont inhabitables.
- La situation devient, pour ces organisations et orphelinats, inextricable lorsqu'on sait que des enfants, seuls mais non abandonnés, vont chercher auprès d'eux une aide et une assistance le temps d'attendre de retrouver un parent, un proche, ce qu'ils ne pourront leur donner faute de place.

Les directrices d'orphelinat nous alertent et relaient l'inquiétude des acteurs de l'enfance en Haïti sur l'urgence de pouvoir faire sortir les enfants ayant des familles adoptives identifiées.

Elles nous indiquent qu'il est possible, et souhaitable dans la situation présente, d'obtenir dans une procédure très exceptionnelle des passeports et visa pour raisons sanitaires ou humanitaires (ou tout autre document légal permettant la sortie des enfants du territoire haitien et leur arrivée dans les pays de leurs parents adoptifs), permettant simplement aux enfants d'attendre dans leur foyers d'adoption la fin des procédures haïtiennes et internationales.

Nous sommes tout à fait conscients que la situation exceptionnelle ne doit pas donner lieu à dérive et que le processus à mettre en place devra contrôler très soigneusement le statut des enfants et des parents. En espérant qu'une solution pourra être trouvée pour nos enfants, mais aussi pour tous les enfants d'Haïti qui ont, à leur tour, besoin des soins aujourd'hui prodigués à ceux qui ont pourtant
déjà une famille ailleurs.

Nous espérons que les medias nous serviront de relais pour faire entendre aux juridictions publiques notre demande. Nous vous en remercions par avance.

vendredi 15 janvier 2010

Bouger pour ne pas tomber...

...c'est ce que j'ai fait aujourd'hui.
J'ai bougé dans tous les sens, essayant d'aider partout ou je pouvais etre utile.

Des lettres ont été envoyées aux politiciens, des messages a tous les gens possibles d'aider a ce que nos enfants sortent de la.

Le rapatriement sanitaire ne sera possible que si Haiti laisse partir les enfants. Et c'est une grande inconnue. Les directeurs de creches demandent que l'on fasse tout notre possible pour sortir les enfants de la pour pouvoir en accueillir d'autres. Seul le président Haitien Préval peut faire qqchose.

Coté Luxembourgeois, nous avons RDV lundi avec la ministre de la famille puis avec un député. Nous avions une réunion ce soir avec les autres familles adoptantes et un journaliste du journal national était la. Lundi il y aura RTL.

Mais combien de temps les médias vont encore s'intéresser a nous et a nos enfants ? L'actualité file, demain ce sera autre chose a la une et qui se préoccupera de nos timouns ?

Je suis a bout pour la journée. Je vais essayer de penser a autre chose.

Bon courage a tous et toutes.

Lo

mercredi 13 janvier 2010

Sans mots

Apres une journée de choc, j'essai d'écrire.
Merci infiniment a vous pour votre soutient et vos commentaires. Pour cette amitié non plus il n'y a pas de mots pour expliquer combien cela compte.

Nous n'avons pas plus de nouvelles que ce matin. Mais comme les nouvelles étaient que les enfants sont sains et saufs, nous n'espérons pas plus.
Je sais qu'ils attendent maintenant l'aide humanitaire pour la nourriture en espérant que les camions arrivent a les atteindre.

La suite est incertaine, floue.

Mes pensées vont a Sabine et Laure-So et tous les enfants de la NDN dont les batiments se sont écroulés et a leurs parents. Et grandes pensées pour Chantalou qui n'a pas de nouvelles de sa princesse Manuela a FDS.

Ce soir, j'ai du mal a réaliser que ma vie aurait pu basculer hier soir. Point de dramatisme. Mon fils est vivant.

Et si on peut reprocher a Dixie son suivi des procédures, on sait qu'elle va tout faire pour que les enfants aillent bien en priorité et leur assurer un minimum de normalité. Grace a Cath (merci encore d'avoir appellé !), je sais que les enfants ne dorment pas dans la rue mais au moins dans l'enceinte de GLA.

Grace a Cathy, j'ai eu des nouvelles de Gérard. Lui est Barthélémy vont bien, leur maison a tenu le choc. Les freres et soeurs de Gérard seraient sains et saufs également.

C'est difficile d'etre ici et de ne pouvoir rien faire. J'aurais tellement préféré etre encore la-bas...

La photo de moi devant le palais national semble irréelle maintenant.

Merci encore a tous et si vous croyez en un Dieu ou en la vie ou en autre chose, demandez lui de protéger nos enfants et les haitiens...

Lo

La catastrophe

Enorme pensée pour tout le peuple haitien.
Les nouvelles de GLA sont bonnes, il n'y aurait que des dégats matériels. Laszlo va bien. Mais ses nounous ? Gérard ? Sa famille ?
Les conséquences seront terribles.
J'écris plus tard.

mardi 12 janvier 2010

Le premier jour du reste de ma vie

Je vous l'ai deja raconté, mais je le re-raconte, comme je l'ai noté dans mon journal de bord. Ce fameux 4 janvier 2010 qui restera gravé pour toujours dans ma mémoire...Et puis la suite, le mardi....
Pardon pour les répétitions...

Lundi

Je me suis réveillée vers 5h, merci les coqs. ...Somnolé jusque 6h30 et puis fini…
Je me leve, douche de chat a l'eau froide, je tente de ranger ma valise, je n'ai presque rien défait par peur de ne pas arriver a la refermer. Et puis c'est Claudine qui me l'a faite donc parfois je cherche un peu ou peut bien se trouver le déo ou un t-shirt ;0)
Le petit dej est gargantuesque. Je ne peux rien avaler de plus qu’un croissant a la saussice. Il y a en a 4 dans l'assiette....Gérard est parti emmener Barthélémy a l’école, je sors fumer une cigarette et envoi quelques textos. Mes mains tremblent. Je ne m’en été pas rendue compte. Pas de stress cependant. Bizarre pour moi. Je en ressens rien, je suis vide, je me concentre sur les petites choses, je regarde les coqs, je profite de la chaleur, c'est comme si cela se déroulait en dehors de moi. Je m'attendais a ressentir quelques chose de fort, mais non, rien pour le moment. Je me demande si je suis normale...

J’apporte tous mes sacs dehors, je veux partir au plus vite quand Gérard sera de retour. Vers 8h 15, Barthélémy revient avec son papa, pas d’école aujourd’hui. Encore 15 mn et nous voila partis.

Je ne parle pas du tout pendant tout le voyage. Nous refaisons le meme chemin qu’hier pour aller a Boutillers mais continuons la route a la Boule 12 au lieu de tourner. Nous continuons a grimper. Impossible de dire quoi que ce soit. Pas plus stressée que cela mais je sais que la derniere portion de route est impraticable a la voiture de Gérard et que nous devrons appeler GLA pour qu’ils viennent me chercher. C’est la seule chose qui me stresse. Et si je n’arrivais pas a les joindre ?

Nous arrivons a Thomassin, en haut d’une cote, Gérard s’arrete, impossible d’aller plus loin. La route est une suite de trous et avec la pluie de la veille, ce sera impossible pour lui sans 4x4 de remonter et nous risquons de glisser dans la descente. J’appelle GLA, ils répondent tout de suite (ouf) mais quelque chose de simple comme un nom de rue n’existe pas ici…Je sens dans ma voix l'inquiétude qui se fait sentir. Ils me demandent si je suis a Thomassin 32, j'interroge Gérard du regard...oui, nous y sommes (je me demande comment il peut savoir, pas de panneaux !) et ils me disent qu’ils arrivent.
Je descends de la voiture, fume encore une cigarette, tremblottante a chaque bruit de moteur que j'entends. Nous n’attendons pas plus de 10 mn et le truck arrive.

Transfert de bagages, je dis au revoir a Gérard. Il m’a donné un téléphone haitien pour que je puisse l’appeler si j’ai besoin de lui, n'importe quand me dit-il, et il me souhaite une bonne semaine.
Il ne faut pas plus de 5 mn (en ne dépassant pas la premiere vitesse) pour arriver a GLA. Je m’étais imaginée la rue plus grande, c’est en fait une petite impasse. Le fameux portail vert est devant moi.
Le portail s’ouvre, la voiture entre dans la courre. Je ne regarde que mes havainas pleine de boue et la boue que j’ai mis dans la voiture en montant et je me dis que c’est pas cool, j’ai tout cradouillé. Je descends quand meme…

Le chauffeur me fait signe d’entrer et me dit qu’il déposera les bagages dans l’entrée.
Mais je n’entends plus rien. Je vois Stéphanie avec un petit bonhomme dans les bras. Laszlo.
J’avance, Stéphanie sourit. Elle me dit « this is Wally ». Je lui souris, lui tend mes mains et il accepte sans probleme de venir avec moi. Mais il ne me regarde pas. Il regarde partout mais pas moi.
Je sors le petit camion de pompier jaune que Fanette a acheté pour lui et lui donne. Je l'avais mis dans mon sac a main expres, j'avais bien séléctioné le petit jouet que je voulais lui donner en premier (d'ailleurs, je ne l'ai pas laissé la-bas, je l'ai ramené pour etre sure de ne pas le perdre). Il commence directement a machouiller l’échelle. Nous restons peu de temps je pense comme ça. Stéphanie m’explique le fonctionnement de mon séjour : respecter les horaires de sieste et de repas. Retour du bonhomme a la nursery a midi et a 5h. Sauf que le mien étant petit, il ne fait pas la sieste apres le repas et puis ses repas ne sont pas vraiment a midi. Mais bon, c’est la regle.

(le fameux canapé ou j'ai vu mon petit poussin pour la premiere fois)

Nous montons sur le balcon, elle me montre les nursery mais évite la grande ou les enfants sont en train d’hurler. Laszlo pese lourd dans mes bras. Il ne dit rien.
Arrivés la-haut, je le pose, Stéphanie nous laisse. Je commence a jouer avec lui, c’est simple, sans difficultés. Il me jette des regards furtifs. Puis je l’allonge et m’allonge a coté de lui pour faire notre premiere photo maman/Laszlo. Il me regarde vraiment pour la premiere fois.

Je le mets dans le jolly jumper et la je vois la petite tete tomber. Il s’est endormi. La peur. Mon pauvre bonhomme. Je le prends dans mes bras et nous restons comme cela une heure. Lui avec sa tete contre ma poitrine, profondément endormi et moi avec ma joue sur sa tete....
Je ne pense a rien. Ou en tous cas, je ne me souviens de rien si ce n’est de la paix que je ressens a etre comme cela avec lui. Je devrais le redescendre pour faire comme on m’a dit. Je me laisse un quart d’heure et apres promis, je le mets dans son lit. Un quart d’heure plus tard, je m’octroie un autre quart d’heure. Et comme cela pendant une heure. Au bout d’une heure, je me décide a le ramener dans son lit. Quand je le pose, il se réveille. Une nounou lui change la couche et je remonte sur le balcon.

Arrive Lesley avec Mackensy. Il a 2 ans et hurle. Il va hurler pendant 1h30, refusant que sa maman l’approche. Moi je joue avec mon poussin, on regarde les jouets que j’ai amené. Grande attention pour la boule avec une coccinelle qui tourne. La coccinelle se prends quelques paires de claques…Le camion de pompier a la cote, surtout pour se faire boulotter.


Il adore aussi la dragonne de mon appareil photo, je filme, je photographie, je voudrais pouvoir tout filmer, ne pas en perdre une miette. Il est tellement cool que c’est hyper simple d’etre avec lui.


A midi, je le redescends dans son lit. Il se met a pleurer quand je le pose. Je le reprends dans mes bras et lui dit que je vais revenir apres déjeuner. Mais non, mon poussin hurle. Je quitte la chambre vite vite et me retourne juste pour voir Laszlo debout dans son lit qui pleure.

Déjeuner de riz et de euh…accra de morue ? En tous cas, ça y ressemble. A midi, chacun mange quand il veut. Les plats sont posés sur un comptoir et l'on se sert.

Je vais sur internet, écris un petit mot sur mon blog. Difficile de dire toute l’émotion. Ce qui me marque le plus c’est la simplicité. La facilité que ce petit garçon a de se faire aimer en étant, comme on me l’avait décrit, calme et souriant.

J’ai remarqué que ses yeux sont en fait bleu marine quand il a plongé son regard dans le mien pendant que je lui donnait le biberon. Un long regard maman/Laszlo. C'est sa nounou Sabrina qui m'apporte son biberon sur la terrasse.


Je remonte et trouve mon bonhomme debout dans son lit. Je reprends la bestiole et nous remontons sur le balcon. J’essai le chinado que Maya m’a preté, je suis nulle pour le nouer mais ça fait son office et je suis tres contente de l'avoir ! Nous jouons...Ce qu’il prefere c’est quand je rampe a coté de lui et qu’on fait la course. Ça le fait bcp rire.

Il s’endort a nouveau contre moi. Cette fois-ci, je ne le redescends pas. J’attends et me décide quand meme a descendre fumer une cigarette. Mere indigne que je suis, mon bonhomme dans le chinado. Le bruit du générateur le réveille. J'essai de lui épargner la fumée dans le visage et il suit la fumée qui s'envole du regard. Je fume tres vite...



Nous buvons le biberon et je tiens le bibi, alors qu’il sait tres bien le boire tout seul. Mais c’est trop chouette de lui tenir. Pendant un bon moment, il me fixe. Yeux dans les yeux. Ses yeux marines…

Je descends lui changer sa couche parce que…euh…c’est plus que nécessaire (mere indigne bis). Premiere fois que je change mon fils. Je me rappelle bien les instructions de Fanette quand je gardais Paul sauf que les couches que j'ai achetées super bio et tout n'ont pas de petit dessin..plus dur !!

Le reste de l’apres midi passe, tranquillement. Le fils et la fille de Lois viennent avec un enfant sur le balcon, nous papotons un petit peu. Lois et Brad sont un couple de canadien qui tiennent la guest house de GLA et Lois s'occupe d'organiser les volontaires, de gérer les donations, etc...Ils ont un fils d'une vingtaine d'année qui ne vit pas la et est venu pour les fetes et une fille d'une dizaine d'année qui s'occupe beaucoup des enfants.


Je remets Laszlo dans le chinado et me promene sur le balcon. Le jour commence a tomber un petit peu, il est 4h30. Mon poussin s’endort de nouveau contre moi et je reste avec lui contre moi jusque 5h ou je le ramene. Cette fois-ci, il ne se réveille pas.

Bénédicité ou nous nous mettons tous en cercle et nous tenons par le main pour remercier pour la nourriture et pour le reste. C'est Dixie qui parle, on sent la hiérarchie...et repas. La petite priere avant manger ne m’embete pas, presque au contraire.

Apres le repas, je propose mon aide pour la vaisselle. Une heure plus tard, je suis encore en train d’essuyer 70 petits bols en plastique apres avoir essuyé la vaisselle des 20 personnes a table. Me ferait pas avoir demain…

L’heure de partir a la guest qui est a 5 mn en voiture. Je vais dire bonne nuit a mon poussin qui est (encore) debout dans son lit et pyjama. Je parle quelques minutes avec Rose-Laure qui est une des nounous de Laszlo.

A la guest, je discute avec un couple hollandais qui adoptent des jumelles de la todler. Nous sommes tous épuisés. Mais rions de bon cœur en comprenant que nous sommes tous pareil. On ne sait pas quoi faire avec nos enfants, comment on fait, mais on fonds tous…Nous buvons un thé dans la salle du bas. Enfin, un thé....une camomille quoi...Il n'y a pas de thé noir, moi qui n'aime que ça, je bois un espece de truc vert aux fruits. Mais je m'en moque, c'est chaud...Je tombe de sommeil mais suis en meme temps en pleine forme. L'effet hyper dynamisant de mon poussin qui va se confirmer toute la semaine.

Ce fut ma premiere journée avec mon fils. Je suis hyper fiere de lui : il est gentil, calin, il ne pleure pas, pas meme quand je lui retire son jouet qu’il mordille sans arret. Je l’aime ce petit bonhomme. C'est MON fils...


Mardi

Il faut que j’arrive a me rappeler parce que tout est flou. Ce n’est qu’une image qui me vient en tete : mon fils. Son sourire et son visage, et puis ses calins.

Je me suis réveillée vers 4:00, pas beaucoup dormi car je ne me fais pas aux coqs ni aux chiens qui chantent et aboient toute la nuit. J’ai somnolé jusque 6h et puis apres j’ai juste attendu le reveil a 6h30.

J’ai mangé de bon appétit, 2 tartines, meme pas avec du Nut’, la folie quoi.
Nous partons pour GLA a 8h moins 10. Le petit dej est servi a 7h, c'est assez militaire, pas le temps pour les retardataires ! Arrivés la-bas, je cours presque pour aller jusqu'à la chambre de Laszlo. Il est réveillé. Je le prends dans mes bras et direction le balcon.

Je n’ai pas essayé de lui faire mettre des formes dans des trous correspondants ni de l’interesser a des livres ou des jeux. Je le dévore des yeux et je m’allonge avec lui assis sur mon ventre. Il est tellement cool que l’on peut passer du temps comme ça.

Je culpabilise de ne pas prendre du temps pour les autres enfants alors je mets Laszlo dans le chinado et nous descendons dans la grande nursery pour chercher Linaelle et Mathis.

Je n’étais pas rentrée avant. L’odeur est infecte, les enfants viennent autour de moi et me tendent les bras, m’attrapent pour avoir mon attention. Ça hurle de partout, ils sont en couche qui débordent de partout. J’attrape les enfants et je me casse au plus vite. Mathis empeste, sa couche déborde, je le redescend pour qu’on le change, ce qui sera fait, sans attention et sans un regard par une nounou.

Je leur donne leurs cadeaux de la part de leurs mamans. Patrick voit la carte de Béatrix avec sa photo : il dit spontanément « Mama » quand je lui montre. J’arrive a le filmer quand il le repete. Je redescends les enfants quand Laszlo s’est endormi dans mes bras. J’en profite alors pour prendre Jamesley qui est dans la petite chambre mauve pour les tous petits. et je joue avec lui. Beaucoup plus facile et je vois la difference de traitement entre les plus petits et les plus grands. Je me demande a quoi je m’attendais, c’est un orphelinat apres tout.

Je remonte 2 fois voir si mon bonhomme dors toujours…eh oui, il dort avec le pouce dans le bec, comme d’hab….C'est une des premieres choses que j'ai remarquée hier quand je l'ai pris dans mes bras pour la premiere fois : il a la peau un peu "usée" sur le pouce gauche qu'il suce, c'est trop mignon...


Apres déjeuner, je remonte et il est réveillé. Nous avons 4h devant nous avant que je ne doive le redescendre. L’apres midi passe vite en fait. Pareil que le matin, je n’essai pas de lui faire faire quoi que ce soit. Je le prends le plus possible contre moi. Nous passons beaucoup de temps dans un rocking chair a se balancer, lui jouant avec la paille du fauteuil, avec une banderole qui pendouille, moi faisant des bisous. On fait aussi des bruits avec la bouche, ce qui le fait bcp rire. Je le repose parfois et il rampe, nettoyant la terrasse par la meme occasion…On fait la course en rampant, ce qui le fait rire aussi. Sinon, je le pose sur mon ventre quand je suis allongée. Je mets un lego devant lui, il bat des petites mains et vire le lego. Je recupere, je remets. Il vire le lego. 20, 30, 50 fois…


Je le change et fais des bisous sur le ventre, ça aussi ça le fait rire.
Je sens qu’il lutte pour ne pas dormir, contrairement a la vieille. A un moment, il est sur mon ventre et je le vois prendre son pouce, je me dis que ça veut dire dodo, alors je vais dans le rocking chair et je me balance. Il s’endort rapidement vers 4h15. Je ne vois pas ses yeux car il a tourné sa petite tete de l’autre coté, mais je le sais quand je sens le petit bras tomber : si le pouce n’est plus dans la bouche, c’est que ça dort…

Je reste avec lui contre moi a me balancer jusqu'à ce qu’il soit l’heure de redescendre. Il se reveille quand je bouge. Je le pose dans son lit et il ralouille alors je le laisse par terre avec ses copains.
Priere et diner. Je discute avec Yvona et Lorenz (les hollandais), ils ont passé une bonne journée avec leurs jumelles qui sont magnifiques.

Je remonte faire un bisou a mon poussin pour dire bonne nuit. Je le prends dans mes bras et fait un bisou, puis un autre et un autre, et un autre…J’essai de le poser et il ralouille. Je le reprends, refait des bisous, puis le repose. Puis le reprends parce qu’il ralouille encore et moi je ne peux pas le lacher. Je bisouille tout ce que je peux.

Je fini par le poser, il se met a pleurer, je pars et je le vois me suivre en rampant et en pleurant. Je me dépeche de descendre les escaliers. Je peux pas, c’est trop dur. Je pleure aussi, je sors, je veux pas le laisser la. Je t’aime mon poussin, tellement fort.


lundi 11 janvier 2010

Juste avant

Voici le début, ou plutot la suite du voyage, dans le désordre parce que vous savez deja comment s'est passée la rencontre avec Laszlo....
Mais ce début est important pour moi, ce sont les derniers moments "d'avant", avant que je ne le connaisse, avant que je ne le serre dans mes bras, et avant que je sache ce que cela fait d'avoir le sourire béat juste parce qu'un petit garçon de 10 mois dort tout contre soi.

Bonne lecture ! (si vous avez le courage d'aller jusqu'au bout...)

Samedi

Il est 5h30 du matin passé en France. Je peux enfin me poser pour écrire.
Une longue journée…

Elle a commencée a 2h du matin, quand nous avons fini les bulles avec Maya et avons décidé d’aller nous coucher. Une délicieuse soirée avec elle & kids, un Cyrilou super méga charmeur, une Audrey pétillante. Et puis de bons éclats de rire avec Maya.
Je suis heureuse d’avoir dormi chez elle la veille de mon plus grand voyage de ma vie et pas dans un hotel toute seule.

Le réveil a sonné a 6h30, et une fois prete, il ne me restait plus qu’a descendre mes bagages pour attendre le taxi. Taxi a l’heure, tout va bien. Jusqu'à ce qu’il me demande : « Orly ouest ou Orly Sud », euh….aucune idée ! Pas une habituée d’Orly moi, les States, c’est toujours Roissy….

Pas de raison de paniquer en fait, puisque les 2 terminaux sont proches. Apres renseignements, direction Orly sud.

Un pain au chocolat plus tard, l’enregistrement est fait. Je me dirige en avance vers les controles, peu de monde a cette heure la.
A 8h15, je suis en salle d’embarquement, allongée sur une chaise longue. Relax, je manage comme une princesse.... Jusqu'à ce que la dame dans le haut parleur indique que pour raison technique, le vol est retardé jusqu'à 11h au moins…bon…ben….voila.

On nous change de porte d’embarquement, on attend et finalement, il faut changer l’avion : départ prévu a 13h. Le départ initial était quand meme prévu a 9h40…

Je trainasse, j’achete un convertisseur de prises que je n’avais pas réussi a trouver dans mon bazar a la maison, j’achete des bonbons pour les enfants. Je mange une part de pizz, je vais fumer (halléluia pour la zone fumeur). Je tente de retrouver la pharmacie que j’avais vue au départ parce que je me rends compte que j’ai oublié la creme contre les piqures de moustiques. Pas possible de retourner a la pharmacie, il faudra faire sans ou autrement. Je retourne fumer. Il fait beau sur Paris.

Re-changement de porte d’embarquement, il est 13h, on n’est toujours pas dans l’avion. En attendant, je parviens a me logger au wifi de l’aéroport pour 10 mn, le temps de laisser un petit message sur mon blog et vérifier les e-mails.

Je demande a une dame le code pour appeler en Haiti et envoi un texto a Gérard pour le prévenir du retard. J’entame la conversation avec une dame qui essait de se logger au wifi. Elle est instit’ et vit en Haiti depuis plus de 2 ans. On continue a papoter. Elle me raconte un Haiti agréable, pas du tout aussi dangereux que l'on nous le décrit mais aussi un pays qui ne parvient pas a vivre, ou la misere est partout.
Enfin, on embarque !!

C’est le bordel complet, les numéros de sieges ne veulent rien dire, chacun s’assoit ou il veut. On a gagné au change car le nouvel avion est un nouvel A 330, ce qui veut dire : petites télés individuelles. Chouette.
Je m’assois a coté de Sylvie ma nouvelle cops instit’ et on papote en attendant le décollage qui se fera a pres de 15h.

Le vol est long, ça passe pas. Je regarde un premier film drole. Je somnole et je béni mes pastilles de nicotine qui m’empechent de devenir dingue sans cigarettes. 2eme film.
Je tente de lire un peu, j’arrete au bout de 2 pages.

Bientôt l’arrivée a Saint Martin. Enfin. On nous autorise a sortir de l’avion pendant l’escale. Il fait chaud, c’est extra de pouvoir porter mes havainas fétiches.



Un mec fait un esclandre et manque de se faire arreter par les flics parce qu’il veut se mettre a fumer dans l’aéroport, ou sortir n’importe ou. Ahah, il aurait du dire, je lui aurait passé une tite pastille…

On fait la file pour obtenir le nouveau boarding pass, ils ont pas le mien, on passe des controles sécurités pour rentrer dans l’aéroport..mais…euh…on sort pas d’un avion la ?
1h30 plus tard, on peut réambarquer. J’ai un boarding pass fait a la main (un collector) et c’est re le bordel car les passagers qui vont a Paris et montent a Saint Martin n’ont pas leurs places, pas plus que nous avant. Et il y en a qui insultent les hotesses….
Une maman (blanche) tente de calmer son fils d’environ 4 ans et son bébé qui hurlent de fatigue tous les 2.

Décollage, je somnole, j’écoute Gurrumul. Cet album, et plus particulierement cette chanson la, restera comme LA musique de ce voyage, je l'ai écoutée tres souvent. Il n'est pas haitien, mais australien et chante dans la langue des indigenes, impossible de comprendre quoi que ce soit, mais je trouve cela absolument magnifique (merci mon hommedemavie de m'avoir fait connaitre).

L’hotesse explique que les personnes ayant des animaux a bord sont priés de les laisser dans leur cage pendant tout le vol. Je souris, je me dis que les 2 zozos (mes collegues) qui m’ont surnommée Air Caraibes au bureau en se foutant de moi et en me prédisant un vol au milieu des poules seraient ravis de l’annonce…

1h30 de vol plus tard, nous sommes a PAP.
Il est plus de 21h30 heure locale. 6h de retard…


Controles de douane, je comprends presque rien a ce que je me dis le douanier. Je comprends qu’il me demande si c’est la premiere fois en Haiti, donc je dis oui, et il me demande ou je vais, je dit un orphelinat. Et la, je comprends qu’il me dit « c’est bien, ici il n’y a pas de chats ». D’où il insulte Stitch ? Dans le doute qu’il connaisse mon monstre, je me contente de sourire.

Trop fatiguée pour prendre des photos de l’aéroport et des panneaux de bienvenue.
Bagages rapidement (l’avantage d’arriver si tard, on est les seuls) et je sors. On m’avait décrit une sortie au milieu d’un grouillement de gens, c’est calme en fait. Forcément, il est…ouais, on le sait…il est tard.

Gérard m’attend avec un petit panneau avec mon prénom. Immédiatement tres serviable et tres gentil. Il est garé en face, on met les 29.5 kilos de bagages dans son Rav4 et on quitte l’aéroport. Pas d’éclairage publique, un slalom permanent pour éviter les trous dans la route. Gérard m’explique que les feux rouges ne fonctionnent que le jour et pas la nuit. Ahhhh, pratique…
Il y a un peu de gens dans les rues mais pas trop. Parce qu’il est ta…ok. Compris.

Arrivée chez Gérard, la maison est tres belle, il décharge mes bagages, me montre ma chambre et ma salle de bain rien qu’a moi, il m’a acheté un sandwich, un dessert, et un…truc au lait, a la fraise et a la banane qui est une boisson normalement. Je déteste mais je tente de boire, c’est pas poli sinon.

Il m’a prévenue pour les coqs : il en a 2 et ils chantent a partir de 2h du mat, sous la fenetre de ma chambre. Chouettte.

Je vois une poule dans sa cuisine et je lui demande quel coq c’est (heureusement que j’ai grandis a la campagne) et il me dit « ah non, celui la je l’ai acheté ce matin…il faut bien que je te fasse a manger demain »…ah, désolée vieux, pense-je en regardant le coq.
Voila, je suis en Haiti. Demain, on ira se promener…


Dimanche

J’ai tres bien dormi. Lit tres confortable et malgré les coqs qui ont effectivement chanté a partir de 2h du mat, j’ai passé une tres bonne nuit, et comme d’habitude tous les jours de ma vie, j’ai du mal a me lever. Je traine au lit jusque 9h et puis debout ! Douche…froide. Argh. C'est-à-dire que je suis une méga douillette moi, et si l’eau n’est pas a 40 degres, je trouve ça tiede. Je n’ose demander si c’est normal ou si c’est moi qui ne comprends pas comment fonctionne le robinet, je me douche a l’eau froide. Grand exploit pour moi (on a les petits accomplissements que l'on peut hein...).

Gérard s’excuse 15 fois parce que quand je me leve le petit dej n’est pas prêt…euh…pas de soucis hein…Mais attention quand il est prêt, c’est impossible que je mange tout : des pates, 4 tranches de « jambon » et 2 œufs durs, de la goyage, une énorme tranche de pasteque, 2 yaourts….
Je mange mon plat et déclare forfait, honteuse, pour le reste. Mais je me régale avec du jus de pamplemousse frais. Miam.

Nous partons nous promener vers 12h30. Un petit tour dans Pétionville puis nous partons au Boutillier, un endroit qui surplombe tout PaP. Je découvre la ville de haut. Dans les rues, les gens reviennent de l’église, tout le monde est endimanché. Je découvre le kitchoun des robes de petites filles, les hommes en cravate et costume.

Puis nous descendons sur PaP pour aller voir le palais national, la place du champ de mars.

(moi devant le Palais national)


Nous marchons un petit peu dans la ville. Tout est tres calme, peu de monde, c’est dimanche.
(une vieille maison de l'époque de la colonie française, il en reste peu)

Nous continuons la promenade en voiture. J’essai d’absorber la vie et la ville, je prends peu de photos finalement, meme si j’aimerai en prendre 1000, de tout. Des peintures de pub sur les murs, des maisons, des gens surtout. Ils sont dans la rue, ils attendent, ils n’ont rien a faire.


Gérard m’explique que la ville a été construite pour 500,000 personnes et maintenant il y en a 2.5 millions. 70% de la population n’a pas de travail. Le gouvernement s’en moque. Les gens n’ont rien, ils n’ont pas a manger et ils sont dans les rues, a attendre que la journée passe. Pas une seule fois je me sens en insécurité. Mais c’est aussi parce que nous sommes dans les beaux quartiers, et parce qu’il n’y a pas la foule de la semaine. J’en oublie presque que je suis blanche.
Nous rentrons vers 16h.

(J'ai adoré ce panneau. Lisez a haute voix ce qu'il y a marqué pour le comprendre)

Gérard a tout organisé avec la jeune fille qui fait la cuisine pour que le repas soit prêt quand je rentre. Comment dire que je n’ai pas faim du tout ? Je me force a manger, mon copain le coq de la veille avec des bananes frites. C’est délicieux mais moi j’ai l’appétit d’un moineau. (pour rester dans les volatiles...). Certainement pas une bonne chose dans ce pays ou les gens meurent de faim que de laisser de la nourriture. Je me force, mais n’arrive pas a finir les bananes.

Je lis un peu dehors, il pleut. Puis nous passons du temps avec Barthélémy (le fils de Gérard, il a 8 ans) a jouer au jeu que je lui ai offert pour sa DS. Il va a l’école américaine donc ne lit pas vraiment le francais et comme une cruche j’ai pris un jeu ou il faut bcp lire. Alors je lui lis les passages…C’est un petit garçon adorable, et tres gentil. C’est chouette de passer du temps avec lui.
Il pleut a verse, orage. Je souris en pensant que si j’avais pris un hotel de luxe avec piscine, je serais dans ma chambre a tourner en rond …

J’ai le droit a un sandwich, il est 7h30. Ça devient une hantise la nourriture…je me force a nouveau...

Je n’ai pratiquement pas pensé a demain. Et les seules fois ou je l’ai fait, c’est uniquement parce que nous devions organiser la derniere partie du trajet : la route est tellement défoncée que le Rav 4 de Gérard ne passera pas. Il faudra que GLA vienne me chercher a 5 mn de leur porte…On les appellera.

Il est 20h30, je vais lire un petit peu et essayer de dormir tot, le décalage horaire est encore la.
Je ne pense a rien. C’est hallucinant. Quand je pense au stress que j’avais avant de partir…La, c’est comme si j’étais la pour des vacances, qui incluent d’aller passer du temps dans un orphelinat. Je pense aux autres enfants, je me demande comment je vais m’organiser pour les trouver, pour leur donner leurs cadeaux. J’imagine les choses pratiques. Mais sur la raison de ma venue, sur Laszlo, je ne pense a rien. Je suis certaine ce soir de ne rien ressentir demain. On me mettra mon fils dans mes bras et ce sera comme si c’était n’importe quel enfant.

Finalement, c’est vrai que cela ne se passe jamais comme on se l’imagine. Je m’imaginais etre tres stressée, je pensais que je n’aurais que cela en tete, et finalement, je n’y pense pas du tout. Je me demande meme si le stress du voyage la semaine derniere n’était pas uniquement parce que je devais prendre l’avion et aller dans un pays inconnu. Et absolument pas parce que j’étais anxieuse de rencontrer Laszlo.